L’ensemble du mouvement anarchiste, à la veille de Mai, apparaît très hétéroclite. L’organisation officielle, la FA, est durement touchée par les événements du congrès de Bordeaux tandis que souffle un vent novateur, mais loin d’être uni idéologiquement, à travers les revendications des étudiants et des jeunes anarchistes. Il apparaît clairement à l’intérieur du mouvement une cassure irrémédiable. D’une part, des organisations coupées du réel, enfermées dans des structures idéologiques et (…)
Articles les plus récents
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Troisième partie : Mai 68 et ses conséquences
14 juin 2007, par ps -
Conclusion
14 juin 2007, par psLes thèmes avancés au cours des événements de Mai 68 confirment l’évolution d’une frange de la pensée anarchiste, largement influencée par la génération des années soixante. Le gauchisme des années soixante bouleverse les rapports traditionnels entre militants. Pierre D’Ovidio remarque pour cette période que : “les clivages déterminant la formation des diverses tendances se sont transformés et multipliés au cours de cette période ” . La recherche d’une actualisation des théories, au nom de (…)
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Chapitre I Enseignements et conséquences des journées de Mai-juin 1968
14 juin 2007, par ps“ Tous les anarchistes sont révolutionnaires car tous veulent supprimer l’élément de base sur lequel se sont bâties toutes les sociétés et qui est l’inégalité. Et la révolution a pour eux un caractère universel car toutes les sociétés ont édifié leurs lois politiques et culturelles à partir de l’inégalité. Mais la révolution n’est pas seulement une définition d’un mouvement mécanique ou un symbole politique ou social, il singularise une méthode d’action et cette méthode d’action que lui a (…)
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Chapitre II Les nouvelles perspectives libertaires au seuil des années soixante-dix
14 juin 2007, par psLe choc de Mai 68 n’est pas seulement perceptible au sein de la Fédération anarchiste. En effet, les mois qui suivent les événements voient une explosion de groupes à caractère libertaire et spontanéiste. Ainsi apparaissent des parutions comme Action, Action Directe, La Révolution internationale…Il ne sera pas ici possible de détailler les vues et les réflexions des différents groupes, notamment en raison de leur existence éphémère. Mais il est important de signaler cet enthousiasme pour (…)
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Introduction : Combattre l’orthodoxie
11 avril 2007, par psLa littérature écrite par les anarchistes n’est pas une littérature confortable. Elle est à l’image de la révolution anarchiste, qui ne consiste pas à s’emparer des appareils d’État mais à détruire les faux dieux de la société, et qui ne peut donc être définitive mais doit toujours déboucher sur une autre révolution, puis encore une autre. La littérature ne vise pas à procurer aux lecteurs une position acquise mais à les emporter loin de leurs croyances, vers une question, une autre (…)
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Ironie et intertextualité : la parole venue d’ailleurs
11 avril 2007, par psDans cette optique, l’ironie n’est pas seulement ce qui empêche toute sacralisation du discours, c’est aussi ce qui maintient la possibilité d’un discours autre. L’ironie, plutôt qu’une anti-phrase, gagne à être analysée en termes d’énonciation, comme polyphonie. L’ironie fait entendre, dans le procès d’énonciation, une voix différente de celle du locuteur (celui qui assume explicitement les énoncés). On a donc affaire à l’ironie quand l’énonciateur est différent du locuteur . Parler de (…)
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Invitation à la lecture critique : les fables contre les fictions
11 avril 2007, par psL’idéal de l’écrivain anarchiste, c’est donc d’être un « retourneur d’idées » (comme Han Ryner), mais non un dictateur. L’écrivain anarchiste serait, en quelque sorte, celui qui propose une pensée sans vouloir l’imposer, comme le dit le conférencier Sébastien Faure lors du Procès des Trente – parlant des idées anarchistes :
« Chacun a le droit de les discuter et le devoir de les combattre si elles lui paraissent fausses. L’anarchiste est aussi jaloux de son indépendance morale que de (…) -
Eloge de l’inconfort. (Pour une lecture déstabilisante)
11 avril 2007, par psLa fable de Han Ryner qui conclut Les Voyages de Psychodore (1903) s’appelle « Les Voyageurs ». Les voyageurs n’ont jamais quitté leur pays, mais savent les secrets qui permettent l’échange des âmes. Leur âme peut s’installer momentanément dans un autre corps : « De tels voyages sont créateurs de beautés que je ne saurais dire » . L’habitant laisse toutes ses habitudes et ses préjugés dans son corps et adopte les pensées de son hôte, s’enrichissant ainsi « de la connaissance d’autres pays ». (…)
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Introduction
11 avril 2007, par psJ’adopterai ici, dans un premier temps, la définition de l’utopie que donne Roger Bozzetto, considérant l’utopie comme un genre littéraire. L’utopie est d’abord une œuvre, rappelle-t-il : elle se présente comme explicitement fictionnelle (on y trouve un narrateur, des personnages, des dialogues, des éléments d’intrigue). On appellera utopie littéraire un texte qui présente une description minutieuse d’une société qui n’existe pas, en décrivant les mécanismes de fonctionnements. Or, si l’on (…)
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Des expérimentations littéraires.- Brève histoire de l/’utopie au dix-neuvième siècle
11 avril 2007, par psLes utopies, au sens d’une projection vers l’avenir, ont toujours existé. Le mot, forgé par Thomas More en 1516, a été ensuite appliqué indistinctement à toute les constructions sociales jugées impossibles ou inaccessibles. Le double sens vient au départ de l’homophonie du mot : ou-topia (pays de nulle part) et eu-topia (pays de bonheur). D’abord métaphore géographique renvoyant à un pays imaginaire (à partir de Rabelais), le mot utopie couvre ensuite l’acception d’un genre littéraire. Le (…)